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Au Venezuela, “j’avais en tête le sort qui me serait réservé si ma santé était touchée”

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Au Venezuela, les journalistes sont délibérément réprimés par les forces armées, identifiées ou paramilitaires. La frontière est devenue une zone à hauts risques. Où la vigilance et la prudence ne suffisent plus.

Aller travailler comme reporter freelance au Venezuela, c’est chaque fois partir pour l’imprévisible. Tout peut être possible. Alors, mieux vaut être bien préparée. Mais le pire vient encore de changer de visage. Journaliste et étrangère, je suis une double ennemie, selon le régime. Et je suis maintenant devenue… une cible.

Je savais qu’il manque de la nourriture – j’ai moi-même eu faim tous les jours – et qu’il n’y a plus de rires qui s’échappent des rues de San Antonio depuis longtemps. Je savais que la vie est hors de prix, que tout le monde passe son temps à se demander où est l’autre et que la parano envahit même les plus forts. Moralement, rien de léger. J’avais conscience que ce serait dur et que ma sécurité serait, plus que jamais, ma priorité.

J’avais en tête le sort qui me serait réservé si ma santé était touchée.

La répression à l’égard des opposants au régime vénézuélien est systématique depuis cinq ans environ et il était probable qu’il y aurait des victimes. En tant que journaliste, quinze jours plus tôt, j’ai vu des gens attendre la mort sur des lits du meilleur hôpital public de l’Etat du Tachira, parce qu’ils n’avaient pas les moyens de se payer des médicaments à l’étranger et que rien ni personne ne changerait ça pour eux. J’avais donc aussi en tête le sort qui me serait réservé si ma santé était touchée.

J’ai quitté la Colombie pendant que les projecteurs des caméras du monde entier relayaient en direct un concert de soutien à l’entrée de l’aide humanitaire pour aller témoigner de ce qui se passe de l’autre coté de la frontière, où un “contre-concert” était prévu. J’aurais aimé pouvoir interviewer les partisans du régime venus spécialement pour l’occasion. J’aurais sincèrement aimé écouter ceux qui ne veulent pas de cette aide humanitaire et tenter de comprendre comment ils pensaient améliorer leur situation.

Faire profil bas pour ne pas paraître journaliste

J’ai choisi des vêtements sombres bon marché pour ne pas être repérée, des baskets pour courir, une casquette qui me cache aussi une partie du visage et j’ai pris le rythme du pas vénézuélien, vite vite. Ne jamais traîner. Le téléphone invisible à la ceinture, coincé entre ma peau et mon jean, de l’argent liquide dans un bonnet de soutien-gorge et un petit couteau dans l’autre. En cas d’agression ou de vol, au cas où je n’ai plus rien. Vivre et travailler en Amérique Centrale (pays violents et liberticides) m’avaient déjà appris tout ça, c’est même une routine…

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